La convention USF 2026 a révélé que la souveraineté numérique autour de SAP progresse lentement, posant de nombreux défis aux DSI, surtout dans les PME et ETI. La maîtrise de nos données, la sécurité renforcée et le choix entre cloud souverain et conformité légale sont au cœur des préoccupations actuelles. Ce contexte soulève plusieurs enjeux majeurs :
- L’évolution des offres SAP face aux lois extraterritoriales et à la pression géopolitique.
- Les délais d’obtention d’un ERP sécurisé avec qualification SecNumCloud.
- Les arbitrages financiers et opérationnels que doivent assumer les DSI dans le cadre du cloud souverain.
- La nécessité d’une gouvernance IT agile et d’une transformation digitale maîtrisée.
- Les perspectives d’une infrastructure IT souveraine et compatible avec l’intelligence artificielle.
Ces thèmes, abordés à Strasbourg lors de la convention, dessinent le futur proche de la gestion des systèmes d’information en entreprise. Nous allons décrypter ces enjeux numériques, essentiels pour une compréhension claire des stratégies à adopter par les directions des systèmes d’information.
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Table des matières
- 1 La souveraineté numérique dans l’écosystème SAP : état des lieux et attentes des DSI
- 2 L’offre SAP face aux exigences du cloud souverain et de la conformité
- 3 Décisions stratégiques des DSI : arbitrer entre souveraineté, coûts et agilité
- 4 Vers une souveraineté numérique progressive et durable avec SAP
La souveraineté numérique dans l’écosystème SAP : état des lieux et attentes des DSI
À l’occasion des 14 et 15 octobre, le Palais des Congrès de Strasbourg a réunis les membres de l’USF pour discuter d’un enjeu central : la souveraineté européenne dans les applications SAP. Le président de l’USF, Gianmaria Perancin, a posé une question fondamentale qui résonne dans toutes les entreprises : “Jusqu’où sommes-nous prêts à dépendre des autres ?”
Une étude de satisfaction conduite en amont montre que presque 66 % des répondants sont préoccupés par la souveraineté numérique. Deux principaux facteurs motivent cette attention :
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- 31 % évoquent une forte contrainte légale, notamment pour les données sensibles.
- 32 % sont poussés par le contexte géopolitique, notamment la crainte liée aux lois étrangères telles que le Cloud Act américain.
Ce double levier inscrit la souveraineté numérique comme un vecteur stratégique indispensable. Les entreprises veulent désormais allier souveraineté, innovation et transformation digitale sans compromis.
Les conséquences pratiques pour les DSI des PME et ETI
Le constat est clair : l’attente d’un ERP SAP qualifié par le label SecNumCloud pourrait durer encore au-delà de deux ans. Cette échéance rallongée impose aux DSI de naviguer entre :
- Contrainte réglementaire qui oblige à protéger certaines données critiques.
- Pression géopolitique qui accentue la nécessité du cloud souverain.
- Maîtrise des coûts et optimisation des ressources informatiques.
- Interopérabilité entre les plateformes traditionnelles et les nouvelles solutions cloud.
Pour une PME comme ExalTech, qui évolue dans le secteur de la tech, cette équation devient un véritable défi financier et opérationnel. Face à une approche partagée par plusieurs spécialistes, il est clair que la souveraineté numérique n’est plus une option secondaire mais une exigence concrète dans les projets de transformation digitale.
L’offre SAP face aux exigences du cloud souverain et de la conformité
Ces dernières années, SAP a revu sa stratégie pour intégrer les contraintes de la souveraineté numérique. Initialement centrée sur des partenariats avec les hyperscalers américains, SAP oriente aujourd’hui ses investissements vers des infrastructures plus respectueuses des règles européennes. À titre d’exemple :
- Un investissement massif de 20 milliards d’euros d’ici 2035 pour renforcer un cloud souverain européen.
- Un partenariat stratégique avec Mistral AI visant à développer un ERP souverain intégrant l’intelligence artificielle, dévoilé lors du sommet franco-allemand sur la souveraineté numérique.
- La présence accrue de datacenters localisés en Europe, permettant d’assurer la localisation des données et de réduire les risques de surveillance extra-européenne.
Ces éléments démontrent une volonté d’adapter l’offre SAP à des normes de sécurité renforcées, notamment via la qualification SecNumCloud portée par l’État français pour garantir la confiance et la maîtrise des données sensibles.
Tableau comparatif des offres SAP cloud et exigences légales
| Critère | Offres SAP actuelles | Offres cloud souverain (SecNumCloud) |
|---|---|---|
| Localisation des données | Datacenters en Europe mais souvent dépendants d’hyperscalers internationaux | Exploitation exclusive en infrastructures soumises au droit européen |
| Conformité réglementaire | Respect minimum, sans qualification SecNumCloud | Qualification SecNumCloud avec garanties contre accès extra-européens |
| Interopérabilité | Interopérable avec la majorité des plateformes cloud | Interopérabilité ciblée mais contraintes liées à l’architecture spécifique |
| Coûts | Tarifs compétitifs grâce à l’échelle globale | Plus coûteux en raison des contraintes technologiques et juridiques |
Décisions stratégiques des DSI : arbitrer entre souveraineté, coûts et agilité
Pour une PME ou une ETI, les choix autour du cloud souverain impliquent une analyse fine et contextualisée des risques et bénéfices. Les DSI doivent :
- Classifier rigoureusement les données en fonction de leur criticité, notamment celles relevant du secret des affaires ou de la vie privée.
- Peser l’impact des lois extraterritoriales sur la sécurité des données, tenant compte des secteurs réglementés.
- Apprécier la pertinence économique des offres souveraines face aux solutions hyperscaler plus standardisées.
- Mettre en œuvre des architectures modulaires respectant les principes « clean core » pour optimiser l’évolution et la maintenance de l’ERP.
Capgemini, partenaire reconnu dans l’accompagnement SAP, souligne que ces environnements souverains participent à une meilleure maîtrise des infrastructures sans freiner la transformation digitale. En effet, ils facilitent l’adoption de solutions innovantes telles que l’intelligence artificielle, indispensable pour rester compétitif.
Un plan d’action pragmatique pour les directions informatiques
Plusieurs étapes peuvent guider les DSI :
- Évaluer les données : identifier les données critiques à protéger impérativement sous cloud souverain.
- Imposer des clauses contractuelles strictes aux fournisseurs pour garantir la sécurité et la réversibilité.
- Adopter une approche hybride qui combine cloud souverain et offres cloud traditionnelles.
- Préparer l’organisation à gérer plusieurs fournisseurs pour renforcer la résilience et éviter la dépendance excessive.
Cette démarche, à la fois sécuritaire et pragmatique, permettra de capitaliser sur l’existant tout en anticipant l’arrivée d’un ERP SAP totalement qualifié SecNumCloud attendu d’ici quelques années.
Pour accompagner cette transition, il est judicieux de se former aux meilleures pratiques en matière de messagerie sécurisée et collaborative, domaines fondamentaux de la souveraineté numérique. Le guide détaillé sur la messagerie Zimbra apporte des clés précieuses aux DSI et équipes informatiques.
Vers une souveraineté numérique progressive et durable avec SAP
La souveraineté numérique ne se décrète pas, elle se construit pas à pas. Attendre passivement la disponibilité d’une offre SecNumCloud en 2028 n’est pas envisageable pour les entreprises en pleine transformation digitale. Nous devons adopter une posture proactive :
- Classifications des données pertinentes dès aujourd’hui pour concentrer les efforts sur les actifs les plus sensibles.
- Exiger dès à présent la réversibilité et la transparence dans les contrats pour préserver la liberté de choix à long terme.
- Favoriser une gouvernance IT agile, capable d’intégrer la complexité multifournisseur et de garantir la sécurité des données.
- Renforcer les collaborations locales dans l’écosystème numérique pour s’appuyer sur des solutions adaptées aux besoins européens et, notamment, aux acteurs français, qu’ils soient PME, ETI, ou licornes.
Pour aller plus loin, l’analyse des licornes françaises en 2026 est une ressource utile pour comprendre les dynamiques d’innovation et souveraineté dans le paysage des entreprises technologiques françaises.
